Gouvernance commerciale de l'UE en matière de lutte contre la coercition
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Économie & fiscalité

Gouvernance commerciale de l'UE en matière de lutte contre la coercition

Dr. André Wolf
Dr. André Wolf
  • L'UE ne dispose toujours pas d'une stratégie coordonnée pour se protéger contre la coercition économique exercée par des pays tels que la Chine ou les États-Unis.
  • Pour renforcer l'effet dissuasif, il est nécessaire de mettre en place un cadre de contre-mesures clairement défini, axé sur les vulnérabilités économiques des adversaires.
  • À l'avenir, ces contre-mesures devraient être coordonnées avec les partenaires commerciaux proches afin d'en accroître l'efficacité.

L'Union européenne vise à réduire sa vulnérabilité face à la coercition économique grâce à l'instrument anti-coercition. Le Centre de Politique Européenne (cep) a évalué l'efficacité de cet instrument à ce jour et recommande l'élaboration de lignes directrices plus claires en matière de contre-mesures économiques, ainsi qu'une coopération étroite avec les partenaires commerciaux.

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« L’UE ne dispose toujours pas d’une stratégie claire pour se protéger contre la coercition économique exercée par des rivaux stratégiques tels que la Chine ou l’administration Trump aux États-Unis », déclare André Wolf, économiste au cep, qui a analysé dans une étude le règlement de l’UE contre la coercition économique (instrument anti-coercition, ACI). Son message principal est que l’UE peut lutter au mieux contre la coercition économique en réduisant ses dépendances, en préparant des contre-mesures crédibles et coordonnées, et en renforçant sa capacité d’action et de communication au niveau politique interne.

Les simulations de modèles présentées dans l’étude montrent que les contre-mesures de la politique commerciale de l’UE peuvent constituer un moyen de dissuasion efficace à l’encontre de pays tels que la Chine, à condition qu’elles ciblent les vulnérabilités économiques de l’adversaire. Pour maximiser leur efficacité, ces contre-mesures devraient idéalement être mises en œuvre en coordination avec les partenaires commerciaux proches de l’UE. Dans le même temps, elles doivent rester proportionnées à la menace afin de signaler une volonté de négocier et d’éviter toute escalade.

Wolf souligne qu’une stratégie anti-coercition efficace ne repose pas uniquement sur des instruments économiques, mais également sur des processus décisionnels transparents, des stratégies de communication claires et des mécanismes de compensation financière pour les entreprises ou les États membres particulièrement touchés : « Afin de renforcer le consensus interne à l’UE en cas de conflit, il convient de mettre en place des mécanismes neutres sur le plan des incitations pour indemniser les parties prenantes subissant un préjudice économique ». Parallèlement, l’UE devrait éviter de s’engager dans une course aux déclarations risquée. « Une stratégie de protection devrait notamment reposer sur une communication honnête concernant les possibilités et les limites des contre-mesures économiques de l’Europe, ainsi que sur la volonté d’engager le dialogue avec les pays tiers », recommande Wolf.

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Gouvernance commerciale de l'UE en matière de lutte contre la coercition (publié 28.07.2026) PDF 778 KB Download
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