Économie & fiscalité
De l'Europe économique à l'Europe protectrice
cepAdhoc
« L’UE ne peut pas renforcer sa légitimité uniquement par le biais de prestations sociales supplémentaires. Le facteur décisif est de savoir si l’Europe est en mesure d’offrir à ses citoyens une prospérité à long terme, des opportunités économiques et la sécurité », explique Eleonora Poli, économiste au cep. Dans cette étude, Eleonora Poli examine comment les fondements du soutien à l’Europe ont évolué. Pendant longtemps, l’UE s’est principalement appuyée sur l’intégration économique, la croissance et la prospérité. À la suite des nombreuses crises de ces dernières années (crise financière, crise de l’euro, pandémie, guerre en Ukraine, etc.), elle s’est de plus en plus efforcée d’étendre son rôle de force protectrice contre les risques sociaux, économiques et géopolitiques.
Des programmes tels que le Pilier européen des droits sociaux, SURE, le Fonds pour le climat social et la nouvelle stratégie de l’UE de lutte contre la pauvreté illustrent cette évolution. Dans le même temps, les données de l’étude montrent que l’amélioration des indicateurs sociaux et un niveau élevé de dépenses publiques sociales par rapport aux normes internationales n’ont jusqu’à présent pas réussi à enrayer la montée des partis populistes.
Le cep préconise donc une utilisation plus efficace des fonds européens dans les domaines où une action commune apporte une valeur ajoutée européenne tangible : compétitivité industrielle, sécurité énergétique, infrastructures numériques, défense et innovation technologique.
« L’Europe doit repenser la protection. Il ne s’agit pas seulement d’amortir l’impact social, mais de créer les conditions permettant à la croissance, à l’innovation et à la résilience de s’épanouir dès le départ », déclare Eleonora Poli.
Le cadre financier proposé par l’UE pour la période 2028-2034 va déjà dans ce sens. Selon les propositions sur lesquelles s’appuie l’étude, environ 23 % des fonds devraient être consacrés à la compétitivité, à l’innovation, à la science et à l’industrie, un peu plus de 6 % à la défense et 35 % à la transition vers les énergies propres.